Aller au contenu principal
La Saison d'été 2026

L'édito de Julie Delille

Courage nom masculin (latin cor, cœur)
• disposition du cœur, force d'âme qui se manifestent dans des situations difficiles obligeant à une décision, un choix, ou devant le danger, la souffrance.

Dans le fond d’une vallée vosgienne, il est un lieu d’apprentissage.
Un endroit où l’on peut venir déposer ce qu’on est, ce qui vient.Où l'on retourne en pèlerinage, de génération en génération. Ou l'inverse : un endroit où, attiré·e par ce que l'on a entendu dire, on ose peut-être s'aventurer pour la première fois. Un endroit qui demande mais qui sait aussi donner. Un endroit qui porte l'échange dans chaque fibre de bois. Un lieu où l’on peut faire l’expérience d’une force triomphante : c’est-à-dire engageante en soi… le courage.

Le courage, comme l’amour n’est pas quantifiable, il est une affaire de soi à soi. Il est une question d’être. Il est ce qu’on peut, ce que l’on veut miser à sa (dé)mesure.
Comme l’amour, il ne préexiste pas, c’est un pari qui se manifeste par des actes souvent invisibles. Un serment qui se renouvelle chaque jour.

Est-ce que les bêtes en font preuve ? Certainement. Est-ce que les plantes, les pierres aussi ? Rien ne nous empêche de le concevoir. Mieux : rien ne nous empêche de le sentir… et d'observer. Alors, on s'essaye à l'exercice. On le scrute, on cherche à le débusquer dans les gestes, grands ou petits, dans la posture des corps, dans les sons... Très vite, on découvre cela : le courage est une force qui peut revêtir des aspects très divers.

Il prend parfois la forme d’une lutte et parfois celle d’un abandon. Il peut être acceptation de ce qui est ou création d'une nouvelle trace. Dans les deux cas, il rend accessible perspectives et chemins inédits. Le courage est une ouverture. Il est peut-être un ruisseau qu'on traverse, comme poussé par la curiosité, et il est surtout le pas qu'on fait, en entrant pour la première fois dans cette forêt, celle qui se tenait derrière le ruisseau. Ce pas pour traverser notre peur de ce qui se cachait au-delà de la lisière, méconnu. Ce peut être un geste invisible pour les autres, immense en soi. Mais il n'y a pas de courage sans peur...

Peut-être que la longue histoire du Théâtre du Peuple est une histoire de courage. Parfois grandiloquent et collectif, dressé face à un monde en ruine, ou intime et solitaire, comme une bataille menée au secret d'un cœur... Peut-être qu'aujourd'hui, nous avons particulièrement besoin du récit de cette utopie folle et courageuse qui, depuis 1895, réunit des humain·es au fond de cette vallée de la Haute Moselle, par-delà les classes sociales, les âges, les origines, par amour de l'art et de l'humanité. Cet été, l’utopie prendra la forme d'une fiction théâtrale en 6 épisodes, Hériter des brumes : la folle histoire du Théâtre du Peuple, que nous avions expérimentée la saison dernière et qui bougera nos habituels cadres de représentation.
Les fins de semaines verront éclore des Éphémères : journées et soirées seront peuplées d'impromptus, de temps d'échanges, ou de concerts, afin de se rencontrer au-delà des mots, de déplacer nos frontières réelles ou imaginaires, s'aventurant du très local à un autre bout de notre planète.

Si notre monde tremble, si ce qui paraissait certain et sûr s'effrite, à chaque heure, des femmes, des hommes, des enfants font l'expérience du courage… Et parfois, quand celle-ci devient collective, quand elle est à la fois intime et partagée, nous voyons avec bonheur nos forces décuplées… C'est cela qui a fait naître ce théâtre, c'est cette puissance que nous osons invoquer, cet espoir que nous choisissons de porter.

« Le courage procure la consolation, la patience et l’expérience ; il devient pratiquement impossible de le distinguer de la foi et de l’espérance. » 
Paul Tillich, Le Courage d’être 

Julie Delille, mars 2026

 

La programmation

 

La presse en parle

"Hériter des brumes, le feuilleton théâtral de l'été 2026 à Bussang", Sceneweb

 

Ouverture de la billetterie le mardi 19 mai à 14H